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Quelles actions pour décarboner le secteur aéronautique ?


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Quelles actions pour décarboner le secteur aéronautique ?



Les autorités publiques et les professionnels se mobilisent pour activer la transition énergétique du secteur aérien. Pour preuve : en juin 2023, le thème du Salon du Bourget était “la décarbonation aéronautique”. Un véritable challenge pour tous les acteurs du secteur aéronautique qui représente à ce jour entre 2 et 3% des émissions mondiales de CO2.

Les stratégies pour atteindre la neutralité carbone se multiplient. Taxes du secteur ou encore carburants alternatifs : plusieurs solutions sont envisagées sérieusement. Alors, quelles sont les stratégies testées ou actées pour modérer le trafic et réduire les émissions de gaz à effet de serre issues du secteur aéronautique d’ici 2050 ?

LA DÉCARBONATION DU SECTEUR AÉRONAUTIQUE : UN OBJECTIF COMMUN MONDIAL POUR 2050

Retenez bien cette échéance : 2050. Elle est désormais dans tous les esprits des personnes travaillant dans ou pour le secteur aérien. En effet, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale, appelée couramment OACI, a signé un accord mondial qui vise à atteindre la neutralité carbone en 2050 pour le secteur aéronautique civil.

Cet accord est signé par 193 Etats membres de l’Organisation. Comme le mention Luis Felipe de Oliveira, directeur général du Conseil international des aéroports (ACI-World), cela représente “un tournant dans les efforts pour décarboner le secteur aérien, avec des gouvernements et des industriels qui se dirigent désormais dans la même direction, au sein d’un cadre réglementaire commun.”.

UN ACCORD EUROPÉEN POUR FAIRE LA PLACE AUX CARBURANTS VERTS DANS LE SECTEUR AÉRONAUTIQUE

Le cadre réglementaire se précise même davantage à l’échelle européenne avec un accord appelé “Fit for 55”. Le principe de cet accord complémentaire ? Figer des obligations de consommations de carburants alternatifs au fil des années pour atteindre progressivement l’objectif ultime de 2050.

En d’autres termes, la politique européenne donne le rythme : dès 2025, au moins 2% des carburants d'aviation seront écologiques tels que l’hydrogène. Puis, cette obligation augmentera progressivement tous les cinq ans :

  • 6% en 2030,
  • 20% en 2035,
  • 34% en 2040,
  • 42% en 2045
  • et enfin, 70% en 2050.

Cet accord est l’un des plans d’actions de l’engagement européen de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale sur la neutralité carbone visée à la même échéance, 2050. Les autorités nationales ajoutent également de nouvelles actions pour inciter la transition énergétique du secteur aéronautique. Parfois, celles-ci peuvent faire débat.

DES HAUSSES DE L’ECO-TAXE DES BILLETS D’AVION, DES ACTIONS QUI NE FONT PAS L'UNANIMITÉ

Plusieurs gouvernements européens veulent jouer sur les taxes des billets d’avion pour décarboner le secteur. Cette “écotaxe” a été annoncée par plusieurs gouvernements européens, de manière individuelle.

Que prévoit la France, par exemple ? Voilà plusieurs mois que le gouvernement français évoque une hausse des taxes des billets d’avion afin de financer le développement du transport ferroviaire civil. Cette hausse de l’éco-taxe est envisagée en 2024. Encore en étude, cette hausse pourrait aussi s'appliquer directement aux structures aéroportuaires.

Et en Europe ? Prenons l’exemple du Danemark qui a franchi le pas et qui a annoncé la mise en place d’une écotaxe sur les billets en décembre 2023. Celle-ci s'élèvera à 4 € environ pour viser un montant de 13,50 € en moyenne d’ici 2030. Ces diverses initiatives de pays membres pourraient un jour déboucher sur un potentiel accord européen. Toutefois, certains pays se tournent aussi vers des types d’actions incitatives qui sont perçues comme plus positives par les particuliers et les professionnels.

INCITER POSITIVEMENT LES VOYAGEURS PROFESSIONNELS À RÉDUIRE LEUR IMPACT ENVIRONNEMENTAL

Autre stratégie : modifier les habitudes des salariés des organisations (entreprises, collectivités, associations…) qui sont amenés à voyager régulièrement. D’après l’Agence de Transition Écologique (ADEME), les voyageurs professionnels représentent 17 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur touristique. Une des raisons: ceux-ci se déplacent davantage par la voie aérienne, pour des trajets courts sur la journée.

Comment les inciter à changer leurs habitudes, plusieurs actions sont mises en place. Les actions peuvent être :

  • Des mesures réglementaires. Désormais, les entreprises françaises de plus de 500 salariés doivent mentionner les émissions indirectes liées aux déplacements professionnels dans leur bilan carbone, dans le Scope 3 plus exactement.
  • Des mesures incitatives financières. Par exemple, l’ADEME a mis en place un bonus climatique. En quoi cela consiste ? Si l’un des salariés a privilégié un autre moyen de transport moins consommateur de CO2 (ex : le train), alors une prime est remise au service de la société

Pour le secteur aéronautique, les futures années seront déterminantes pour agir sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour y arriver, les gouvernements multiplient les actions : légales, pénalisantes, incitatives.


Toutes les pistes sont bonnes à envisager pour activer la transition écologique du secteur aéronautique sans attendre.