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Géopolitique : de forts enjeux pour la cyber-résilience nationale


#CYBERSÉCURITÉ

Géopolitique : de forts enjeux pour la cyber-résilience nationale



Depuis quelque temps, les grandes puissances mondiales redéfinissent les équilibres internationaux. Dans ce monde sous tension, la cyber-résilience nationale devient un pilier stratégique aussi indispensable que les alliances militaires ou économiques.

Conflit prolongé entre l’Ukraine et la Russie, tension entre la Chine et Taïwan, la crise iranienne, l’intervention armée des Etats-Unis au Vénézuela… Ces divers conflits nous démontrent que la frontière entre guerre conventionnelle et affrontement numérique s’estompe.

Les réseaux critiques, les infrastructures essentielles ou encore les systèmes de communications gouvernementales sont désormais des cibles directes en cas de conflit. Face à ces menaces, chaque nation doit renforcer non seulement ses technologies de cyberdéfense, mais aussi la coopération entre Etats pour anticiper les menaces et y répondre efficacement.

La cyber-résilience nationale est devenue un sujet clé.

UN MONDE EN CRISE ET UNE CYBER-MENACE ACCRUE

Ces dernières années, la guerre en Ukraine sur le terrain est accompagnée de cyberattaques massives sur les réseaux énergétiques et de désinformation. Cette cyberguerre démontre qu’un conflit terrestre s’étend naturellement au domaine numérique, où :

  • les structures critiques comme les réseaux électriques, les télécommunications et les services publics peuvent être perturbés à distance par des acteurs étatiques ou par des proxys cyber ;
  • les moyens de communication peuvent être manipulés massivement pour créer des campagnes de désinformation auprès de la population.

Prenons un autre exemple récent : l’opération militaire américaine au Venezuela. Lors de cet évènement, des coupures de courant et des restrictions d’accès à internet dans certaines zones de Caracas ont été observées par des citoyens vénézuéliens. Une autre illustration qui démontre que les opérations physiques et cyber convergent.

TENSIONS GÉOPOLITIQUES ET MENACES CYBER ÉTATIQUES CROISSANTES SUR LA FRANCE

En 2019, Florence Parly, Ministre des armées déclarait déjà « Depuis quelques années, le cyberespace est devenu un lieu de confrontation comme les autres… ». Preuve en est : en 2024, la France était le 2ème pays européen le plus touché par les cyberattaques, après l’Ukraine.

A plusieurs reprises, les autorités gouvernementales ont dénoncé publiquement pour la première fois des cyberattaques et des campagnes de désinformation importantes émises par des services de renseignement russes. Les assauts numériques n’ont plus seulement un aspect financier ; ils adoptent désormais une dimension géopolitique.

RÉSILIENCE & SUPPLY CHAIN NUMÉRIQUE : UNE FORTE DÉPENDANCE AUX FOURNISSEURS ÉTRANGERS QUI INTERPELLE

Une menace pèse de plus en plus lourd sur la cyber-résilience française : notre supply-chain numérique. En effet, depuis plusieurs décennies, les entreprises ont construit leurs systèmes d’information en privilégiant la performance et l’innovation, sans toujours interroger l’origine des technologies utilisées ni les intérêts stratégiques sous-jacents.

Aujourd’hui, factuellement, nous avons une dépendance massive à des fournisseurs étrangers. Le cabinet Asterès a mené une étude spécifique sur cette dépendance technologique aux solutions américaines : 80 % des dépenses européennes en logiciels et services cloud sont aujourd’hui captées par des acteurs américains, soit 264 milliards d’euros par an. Et d’ici 2032 ? Le montant pourrait atteindre 500 milliards d’euros.

Face à ce constat, des initiatives émergent, comme le lancement d’un indice de résilience numérique qui aiderait les organisations à mesurer, prendre conscience, tenir compte des risques et réduire leurs vulnérabilités sur leur supply-chain numérique.

Titre H2:

RENFORCER LA CYBER-RÉSILIENCE DEVIENT UN IMPÉRATIF POUR LA DÉFENSE NATIONALE

La cyber-résilience doit être perçue non seulement comme une tactique de défense, mais aussi comme un élément structurant de la sécurité nationale. En effet, l’objectif n’est pas seulement de prévenir les cyberattaques, mais aussi de minimiser leur impact et d’assurer la continuité de l’action publique et des services essentiels.

Comme le rappelle le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) en charge de la cyberdéfense dans les Armées, “l’affrontement dans le cyberespace est désormais une réalité et la menace cyber est permanente et en évolution continue”. Nous pouvons résumer l’état d’esprit des Armées ainsi : se préparer, oui ; se remettre à niveau constamment, c’est indispensable face à des adversaires qui exploitent toutes les facettes de la technologie numérique.

Pour atteindre une cyber-résilience robuste, les autorités françaises se reposent sur :

  • une politiques publique engagée avec des plans de financement pour le secteur de la cybersécurité,
  • une collaboration étroite entre les services de l’État et avec les États partenaires,
  • une proximité avec le secteur privé, et particulièrement avec les structures dites critiques, 
  • une politique claire et investie sur la formation continue de talents spécialisés.

La cyber-résilience n’est plus un simple volet de la cybersécurité, mais une composante stratégique de la défense nationale. Les tensions géopolitiques contemporaines, notamment depuis la Guerre en Ukraine, poussent la France à accélérer la prévention, la détection et la réaction aux cyberattaques en provenance d’autres États. Investir devient vital pour garantir la continuité des fonctions essentielles du pays. Pour y arriver, institutions publiques, acteurs privés et partenaires internationaux doivent s’allier pour instaurer une chaîne numérique qui tient compte des enjeux géopolitiques du moment. C’est la clé d’une stratégie de cyber-résilience efficace.