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Le camion, candidat idéal à la démocratisation des voitures autonomes ?


#VOITURE AUTONOME

Le camion, candidat idéal à la démocratisation des voitures autonomes ?

20/12/2018


Si les voitures autonomes ne roulent pas encore officiellement sur les routes, on trouve déjà des camions autonomes, notamment sur les routes américaines. Un bon moyen de démocratiser ces technologies ?

Voir des camions rouler sans conducteur, ou avec un chauffeur routier qui se contente de contrôler les paramètres du véhicule, c’est déjà une réalité. Et les avantages présentés sont nombreux : plus écologiques, généralement électriques, ces camions super-intelligents peuvent anticiper les accidents et donc proposer une conduite plus sécurisée que celle d’un conducteur humain. Ils n’ont, par ailleurs, pas besoin de faire de pause sur de longs trajets, ce qui valorise également l’argument économique.

Parmi les entreprises investies dans les camions sans conducteur, on peut citer Uber, Tesla, Daimler, Volvo ou encore la start-up Starsky Robotics. Certains de ces constructeurs misent sur des véhicules autonomes tels que des engins de chantier ou des dameuses. D’autres se concentrent très concrètement sur le semi-remorque, et espèrent séduire le marché du transport de marchandises. Pour ce faire, elles n’hésitent pas à multiplier les tests et leur médiatisation.

Les camions autonomes existent déjà

Moins populaires que les voitures autonomes, les camions sans conducteur sont pourtant déjà une réalité. En avril 2016, déjà, plus d’une douzaine de camions autonomes avaient sillonné les routes européennes dans le cadre d’un test de grande envergure. Des véhicules conçus par DAF, Daimler, IVECO, MAN, Scania et Volvo étaient ainsi partis de Suède et d’Allemagne pour rejoindre le port de Rotterdam via un périple d’environ 2000 km. Une opération couronnée de succès, même si des chauffeurs étaient présents dans les véhicules pour réagir en cas de problème.

Depuis, les tests se multiplient. Ainsi, depuis l’année dernière, les semi-remorques de Waymo, firme détenue par Google, sillonnent les routes de Californie et d’Arizona pour tester leurs capteurs LiDAR et leurs capacités à se diriger et se réguler seuls. Depuis mars 2018, ces camions sont utilisés pour le transport de marchandises à Atlanta et ses environs.

Le point fort de Waymo, c’est son expertise concernant les voitures connectées, sur lesquelles l’entreprise travaille depuis près de 10 ans déjà. « Notre intelligence artificielle apprend à conduire des poids lourds de la même manière qu’un humain le ferait après des années à conduire une voiture », explique un porte-parole. Ce dernier ajoute tout de même que « les manœuvres comme les virages, les freinages et la gestion des angles morts sont différentes avec un camion équipé d’une remorque chargée. » Les tests de Waymo continuent, mais un chauffeur professionnel se trouve encore dans la cabine.

Chez Volvo, on va encore plus loin : impossible de mettre un conducteur dans la cabine, quand il n’y a justement plus de cabine ! Vera, le prototype de camion du constructeur, est entièrement électrique, et dépourvu d’espace dédié à l’humain. Ici, le message est clair : le camion autonome doit savoir se débrouiller seul. Mais Vera n’est pas pensé pour de longs trajets. Ce véhicule devrait être destiné à réaliser des trajets courts et routiniers, notamment pour transporter des charges lourdes dans des usines, des centres logistiques ou encore des zones portuaires. Pour autant, le prototype base son fonctionnement sur les mêmes technologies que celles qui équipent les semi-remorques autonomes qui sillonnent les routes : des capteurs sur chaque coin et côté du véhicule, une connexion permanente avec un centre de données ou encore une batterie électrique.

Supprimer le conducteur dans le camion est également le crédo de Starsky Robotics, une entreprise américaine qui souhaite envoyer son semi-remorque sur les routes de Floride dans les prochaines semaines, sans aucun pilote à bord. « Pas de chauffeur d’urgence derrière le volant, pas d’ingénieur caché dans la couchette. Nous sommes la première entreprise à faire du camion autonome une réalité » revendique Stefán Seltz-Axmacher, cofondateur de Starsky Robotics. Mais il faut tout de même nuancer le propos : en premier lieu, le camion roulera sans conducteur sur les autoroutes seulement. Un chauffeur sera requis sur les premiers kilomètres, et un autre pour les derniers du trajet. Néanmoins, pour Stefán Seltz-Axmacher, cette solution sera la première à vraiment démocratiser le semi-remorque autonome, en transformant le travail pénible des chauffeurs routiers et en facilitant le transport de fret sur les routes.

Le semi-autonome, la transition douce

Ces multiples tests et annonces de camions autonomes permettront-ils aux véhicules sans conducteur d’être adoptés plus facilement par le plus grand nombre ? Peut-être. Mais ce qui est certain, c’est qu’ils doivent subir les mêmes longues phases de tests que les voitures autonomes avant d’être lancés sans chauffeur sur les routes, de manière automatisée et régulière.

Dès lors, la transition proposée est la même que celle proposée pour les voitures : passer par des véhicules semi-autonomes. C’est sans grande surprise que l’on retrouve Tesla sur ce créneau. Entièrement électrique, le semi-remorque de Tesla intègre un pilote automatique amélioré, le freinage automatique ou encore un avertissement de sortie de voie. Une combinaison destinée a largement assister le chauffeur, pour limiter au maximum les éventuels accidents notamment dus à une baisse de vigilance liée à la fatigue.

Une proposition qui a séduit de nombreuses entreprises américaines comme Walmart, Loblaw ou encore Fortigo Freight au Canada, qui pourront utiliser les premiers camions semi-autonomes de Tesla en 2019. Une transition douce vers le tout autonome, qui permettra à Tesla d’emmagasiner des données et de perfectionner ses technologies pour aller encore plus loin.

À l’avenir, vous croiserez peut-être des camions de plus en plus intelligents sur les routes, capable de suivre un itinéraire ou de réguler leur vitesse par eux-mêmes, ou encore d’éviter les accidents d’une manière assurée. Si de nombreuses années nous séparent encore des semi-remorques sans conducteur, une chose est sûre, la révolution est en marche.